Histoire du Chemin

1 - Les Chemins vers Compostelle

Les chemins vers Compostelle en France sont actuellement très nombreux, mais aussi, pour presque tous, de construction très récente : seuls, deux ont des fondements historiques : la via turonensis et la via tolosana. Et encore pour ceux-ci les tracés actuels divergent par rapport aux itinéraires suivis au cours des siècles passés.

La construction des chemins actuels trouve son origine dans la publication en latin du 5e livre du Codex Calixtinus en 1882, puis sa traduction en français en 1938 par Jeanne VIEILLARD sous le titre fallacieux "Le guide du pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle" qu’elle donne à sa publication.

Ce 5e livre commence ainsi :

Quatre chemins vont à Saint-Jacques ; ils se réunissent à Puente-la-Reina

- le premier par Saint-Gilles, Montpellier et Toulouse, va au port d'Aspe ;

- le deuxième, passe par Notre-Dame du Puy, Sainte-Foy de Conques et Saint-Pierre de Moissac ;

- le troisième, par Sainte-Madeleine de Vézelay, Saint-Léonard en Limousin et Périgueux ;

- le quatrième, par Saint-Martin de Tours, Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Jean d'Angély, Saint-Eutrope de Saintes et Bordeaux.

Ces trois derniers se réunissent à Ostabat pour traverser les Pyrénées au port de Cize et rejoindre à Puente-la-Reina (au sud de Pampelune) le premier chemin qui traverse les montagnes au port d'Aspe. À partir de Puente-la-Reina, il n'y a qu'une voie."

À partir de ces quelques éléments ont été inventés les 4 grands chemins vers Compostelle en France et leur tracé sous forme de GR au cours des 30 dernières années du XXe siècle.

En réalité le 5e livre du codex calixtinus est resté totalement inconnu jusqu’en 1882.

Comme le démontre l’historienne Adelyne Rucquoi dans « Littérature compostellane IXe-XIIe siècles. Textes et Contextes » : le 5e livre du codex n’était pas un guide écrit à propos d’un chemin très fréquenté, mais semble plutôt être le créateur de ce chemin : « Les auteurs du Liber inventent un chemin, à la fois réel et merveilleux, qui mène à des grands sanctuaires de pèlerinage du XIe siècle – Jérusalem, Rome, Saint-Martin de Tours, Vézelay, Le Puy, Saint-Gilles vers la basilique de Compostelle.

Extrait du site de P. Swalus (son site Belge)

2 - Légende Compostellane

Saint Jacques et la légende compostellane

La légende de Saint-Jacques-de-Compostelle est étroitement liée à la figure de l'apôtre Jacques le Majeur, l'un des douze disciples de Jésus-Christ, ainsi qu'au pèlerinage vers son supposé tombeau situé dans la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice (Espagne). Voici les principaux aspects de la légende :

1. Le voyage en Espagne et la prédication : Après la mort et la résurrection de Jésus, Selon la légende, Jacques aurait voyagé jusqu’en Espagne pour y prêcher l’Évangile, mais cela avec très peu de succès.

2 Le retour miraculeux du corps en Espagne : Après son martyre à Jérusalem, la légende raconte que les disciples de Jacques auraient récupéré son corps et l'auraient placé dans une barque en pierre sans voiles ni rames, qui aurait miraculeusement navigué jusqu'aux côtes de la Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne. Selon cette tradition, son corps aurait ensuite été enterré dans un lieu oublié au fil des siècles.

3. La redécouverte du tombeau : Vers l'an 813, un ermite du nom de Pélage (ou Pelayo) aurait vu une étoile ou des lumières mystérieuses dans le ciel, guidant ainsi l'évêque Théodomir d'Iria Flavia vers la tombe de l'apôtre Jacques. Ce phénomène aurait donné son nom à la ville de "Compostelle", dérivé du latin Campus Stellae ("champ de l'étoile"). Théodomir aurait proclamé avoir découvert le tombeau de saint Jacques, ce qui attira l’attention du roi Alphonse II des Asturies, qui déclara Jacques saint patron de l’Espagne et ordonna la construction d’une première chapelle sur le site.

4. Saint Jacques, "Matamore" : Durant les siècles suivants, saint Jacques est devenu une figure importante dans la lutte contre les Maures (musulmans) lors de la Reconquista en Espagne. La légende raconte que Jacques serait apparu à cheval, en armure, lors de la bataille de Clavijo en 844, aidant les armées chrétiennes à remporter une victoire décisive. Cet épisode lui valut le surnom de "Matamore" (tueur de Maures), et il fut vénéré comme un protecteur des armées chrétiennes.

Le chemin de Saint-Jacques, ou "Camino de Santiago" en Espagne, est né au fil des siècles, et dès le Moyen Âge, des pèlerins venaient de toute l'Europe pour vénérer les soi-disant reliques de l'apôtre. De nos jours, Saint-Jacques-de-Compostelle est toujours un lieu de pèlerinage majeur et attire chaque année des centaines de milliers de marcheurs, croyants ou non, venus du monde entier pour suivre les sentiers traditionnels, y vivre une expérience de transformation spirituelle et éventuellement pour rendre hommage à l'apôtre, mais aussi, parfois, pour répondre à un effet de mode.

Extrait du site de P. Swalus (son site Belge)

3 - Qui était Saint Jacques

Saint Jacques dans les Écriture Saintes

Saint Jacques le Majeur, également connu sous le nom de Jacques, frère de Jean et fils de Zébédée, est l'un des douze apôtres de Jésus-Christ mentionnés dans le Nouveau Testament. Voici ce que les Écritures disent de lui :

1. Appel de Jacques (et Jean) : Dans les Évangiles de Matthieu 4:21-22, Marc 1:19-20, et Luc 5:10, Jacques est appelé par Jésus alors qu'il pêche avec son frère Jean et leur père Zébédée. Ils laissent immédiatement leur filet et suivent Jésus, marquant leur vocation comme disciples.

Matthieu 4:21-22 : "De là étant allé plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui étaient dans une barque avec Zébédée, leur père, et qui réparaient leurs filets. Il les appela, et aussitôt ils laissèrent la barque et leur père, et le suivirent."

2. Jacques comme témoin privilégié : Jacques fait partie du cercle restreint des trois apôtres (avec Pierre et Jean) qui ont assisté à des moments-clés de la vie de Jésus, notamment :

La résurrection de la fille de Jaïrus (Marc 5:37),
La transfiguration de Jésus sur la montagne (Matthieu 17:1-9, Marc 9:2-9),
L'agonie de Jésus à Gethsémani (Matthieu 26:36-37, Marc 14:33).
Ces passages montrent Jacques comme un apôtre important et proche de Jésus dans des moments cruciaux.

3. Le surnom "Fils du tonnerre" : Dans Marc 3:17, Jésus donne à Jacques et à son frère Jean le surnom de "Boanergès", qui signifie "fils du tonnerre". Ce surnom semble refléter leur tempérament ardent. Par exemple, dans Luc 9:54, ils demandent à Jésus s'ils doivent appeler le feu du ciel sur un village samaritain qui a rejeté Jésus.

4. La demande ambitieuse de Jacques et Jean : Dans Matthieu 20:20-23 et Marc 10:35-40, Jacques et Jean demandent à Jésus d'être assis à ses côtés dans son royaume, à droite et à gauche. Jésus leur répond en évoquant le "calice" de souffrance qu'ils devront boire, faisant allusion à leur futur martyr.

5. Martyre de Jacques : Le martyre de Jacques est relaté dans Actes 12:1-2, où il est mentionné que le roi Hérode Agrippa fit décapiter Jacques par l'épée, faisant de lui l'un des premiers apôtres à subir le martyre. Actes 12:1-2 : "Vers le même temps, le roi Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l'Église, et il fit mourir par l'épée Jacques, frère de Jean."

6. Rôle dans la tradition chrétienne : Bien que les Écritures ne fournissent pas de détails supplémentaires sur Jacques après son martyre, la tradition chrétienne attribue à saint Jacques un rôle important. Selon certaines traditions, il aurait évangélisé la région de l’Espagne, et c'est pourquoi il est vénéré comme le saint patron de l'Espagne.

Son sanctuaire à Saint-Jacques-de-Compostelle est l'un des lieux de pèlerinage les plus importants du christianisme.

Par P. Swalus (son site Belge)